Hannah Arendt écrivait que la politique commence lorsque nous nous soucions du monde que nous partageons avec les autres et que nous transmettrons à ceux qui viendront après nous.
Or c'est précisément cette question qui revient aujourd'hui au cœur du débat sur la sobriété.
Nous parlons souvent de carbone, d'énergie ou de consommation. Mais derrière ces chiffres se cache une interrogation beaucoup plus fondamentale : quel monde voulons-nous habiter ? C’est à cette question que la sobriété nous aide à répondre.
La sobriété ne consiste pas à vivre avec moins. Elle consiste à vivre de telle sorte que le monde demeure habitable, désirable et partageable. Elle nous invite à réexaminer ce qui fait la richesse d'une existence humaine : la possibilité d'aimer, de créer, de participer, de transmettre, de prendre soin des autres et du monde commun.
Autrement dit, la sobriété n'est pas une contrainte environnementale. Elle est une proposition de civilisation.
Yamina Saheb est Directrice du Laboratoire Mondial des Sobriétés, co-fondatrice du Laboratoire Suisse de la Sobriété, enseignante à PSIA et chercheure affiliée au LIEPP Sciences Po (Paris), autrice du volet III du 6ème rapport du GIEC, experte internationale des politiques d’atténuation du changement climatique et fondatrice du réseau OpenExp.
Elle a été chercheure associée à l’Université de Münster en Allemagne et à l’Université de Lausanne en Suisse. En 2018, elle était responsable du département efficacité énergétique au Secrétariat international sur la charte de l’énergie. Elle a également travaillé au centre de recherche de la Commission Européenne (JRC) et a occupé le poste de responsable des politiques bâtiment à l’Agence Internationale de l’Energie (AIE).
Modération par Marlyne Sahakian (professeure associée à l’Institut de géographie et durabilité de l’UNIGE).